Le train de ma vie – Jean d’Ormesson

« À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents.

Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous.

Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage…

Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train.

Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l’amour de notre vie.

Beaucoup démissionneront (même éventuellement l’amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.

D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.

Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’aurevoirs et d’adieux.

Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes.

On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.

Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.

Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.

Aussi, merci d’être un des passagers de mon train.

Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous.

Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train. »

La peur – Khalil Gibran

On dit qu’avant d’entrer dans la mer,
une rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin
qu’elle a parcouru, depuis les sommets,
les montagnes, la longue route sinueuse
qui traverse des forêts et des villages,
et voit devant elle un océan si vaste
qu’y pénétrer ne paraît rien d’autre
que devoir disparaître à jamais.
Mais il n’y a pas d’autre moyen.
La rivière ne peut pas revenir en arrière.
Personne ne peut revenir en arrière.
Revenir en arrière est impossible dans l’existence.
La rivière a besoin de prendre le risque
et d’entrer dans l’océan.
Ce n’est qu’en entrant dans l’océan
que la peur disparaîtra,
parce que c’est alors seulement
que la rivière saura qu’il ne s’agit pas
de disparaître dans l’océan,
mais de devenir océan.

Conte zen – L’histoire du paysan chinois et de son cheval blanc

Un paysan chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait :

– « Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre. »

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’étable vide donnèrent leur opinion :

– « Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel Malheur ! »

Le paysan se montra plus circonspect :

– « N’exagérons rien dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’étable. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ? »

Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d’esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas été volé, il s’était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupèrent de nouveau :

– « Tu avais raison, ce n’était pas un malheur mais une bénédiction. »

– « Je n’irais pas jusque là, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épisode. Peut-on connaître le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ? »

Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta à terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis :

– « Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre. »

– « Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l’avenir. »

Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l’armée, sauf l’invalide.

– « Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu as de la chance, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer. »

– « Je vous en prie, » répondit le paysan, « ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal. »

Sagesse de Lao Tseu

Le conte d’une histoire vraie – Jacques Salomé

Le conte d’une histoire vraie
de Jacques SaloméUn jour, le soleil se levant me fit un signe de ses rayons.

Je ne compris pas tout de suite. Mettez-vous à ma place : je ne savais pas ce qu’il me voulait ! Il m’invitait à le suivre, mais sur le pas de la Porte-des-Habitudes, je n’osais pas bouger.

Pourtant, après quelques instants d’hésitation, je fis deux pas en avant et…. clac ! La Porte-des-Habitudes se referma ! Prise de panique, je revins sur mes pas, mais il n’y avait rien à faire, toutes mes tentatives furent vaines. La porte refusait obstinément de s’ouvrir.

Je m’assis, la tête dans les mains, et me mis à pleurer. Le soleil m’envoya un petit rayon câlin, brillant juste ce qu’il fallait pour ne pas m’effrayer, il ne me restait plus qu’à le suivre.
Je me mis lentement en route. Je demandai au soleil de me promettre de ne pas m’abandonner, de rester toujours près de moi, mais il ne me répondit pas. Je ne savais que penser. Je n’étais pas très rassurée.
Je regardais souvent en arrière, mais la Maison-du-Passé devenait de plus en plus petite, de plus en plus floue.
Je n’avais pas eu le temps de faire mes bagages avant de partir, mais j’avais des réserves sur moi : quelques bonnes vieilles et énormes peurs, des divers complexes, et aussi beaucoup de manques dont les deux principaux : Manque-de-Tendresse et Manque-de-Confiance-en-Moi.
Je pouvais compter sur eux tous, ils répondaient toujours présents. Au début, cela me rassura un peu, je restais en pays de connaissances.
Chemin faisant cependant, une peur me lâcha, une petite, je ne m’en aperçus pas tout de suite. Puis une deuxième à son tour s’en alla, une troisième suivit de près. Cela devenait inquiétant. Si elles me laissaient toutes tomber, comment me reconnaitrais-je ?

Je ne pouvais plus les rattraper, mais je me promis de veiller sur les autres. Si elles pensaient que j’allais me laisser faire, elles se trompaient lourdement. Mes complexes, eux, étaient fidèles, ils ne me quitteraient pas de sitôt ! Et les manques ne risquaient pas d’être comblés trop vite, j’étais vigilante !  Cependant, mon inquiétude se transforma en angoisse le jour où je constatais que le Manque-de-Confiance-en-Moi avait les traits tirés. Je tentai aussitôt de le fortifier en lui montrant, en toute lucidité, tous mes défauts. Rien n’y fit, au contraire. A peine un défaut s’annonçait-il qu’une qualité que j’ignorais, à qui je n’avais jamais adressé la parole, qu’une qualité  nouvelle venait à sa rencontre. Le défaut pâlissait, s’éloignait, se recroquevillait et bientôt n’occupait plus qu’une toute petite place. Malgré tous mes efforts, plus le Manque-de-Confiance-en-Moi s’étiolait, dépérissait, plus les peurs filaient.

Le Manque-de-Tendresse se manifesta, d’abord timidement, puis de plus en plus fort, jusqu’à se faire remarquer. Au début, il n’y avait que moi qui l’entendais, mais il réussit à soudoyer ma bouche pour pouvoir s’exprimer et demander ainsi à être comblé.
Je fis des demandes incroyables dont certaines furent entendues.
Devant cette débâcle, je ne savais plus ni qui j’étais,  ni qui j’aimais, ni où j’allais ! Par moments, je ne voyais même plus le soleil, il me fallait alors le chercher et j’avais l’impression qu’il ne reparaitrait jamais.
Peu à peu, je remarquai cependant que je pouvais continuer à avancer même s’il n’était pas là. Il avait laissé en moi quelques uns de ses rayons ! Mais j’avais encore besoin de recharger mes batteries, il me fallait encore souvent m’assurer qu’il n’était pas trop loin.
Je n’avais pas compris que je pouvais moi aussi devenir soleil, rayonner aussi un jour !
Il m’a fallu du temps. J’avais eu besoin que le soleil me montre la Voie, qu’il ait beaucoup de patience, beaucoup de douceur, pour que je puisse enfin vivre par moi-même. Pour que j’ose partir plus loin, pour que j’accepte aussi de le laisser éclairer d’autres personnes, Oh ! Cela ne veut pas dire que je n’aie plus envie de sa présence, mais simplement que je le suivais par besoin. Aujourd’hui, je peux m’éloigner de lui par Amour. Le soleil m’a aidé à comprendre qu’il n’était pas possible d’aimer sans une autonomie personnelle.

Dans ma vie actuelle, je sais qu’aimer, c’est être heureux pour que l’autre puisse être heureux sans moi !

Texte : Monique Mello dans « Contes à guérir, Contes à grandir » – Jacques Salomé

Jacques Salomé – La ferveur de vivre (extrait)

« J’ai appris que l’existence de chacun d’entre nous n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous positionner avec courage, de nous respecter avec ténacité et de nous responsabiliser avec cohérence face au surgissement de l’imprévisible.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’étonnement dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs de faire face aux difficultés qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester prisonnier de mon passé et à ne pas me laisser envahir par des pensées persécutrices ou par des projections trop chimériques sur mon futur.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la VIE d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer avec mes possibles, à la respecter en tenant compte de mes limites, à la dynamiser avec les ressources de ma créativité.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation est parfois grande) mais d’un amour de bienveillance, de gratitude et de tolérance envers la personne que je suis.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes ou des désirs qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, dans les murmures du vent, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon regard et surtout dans la présence d’une personne qui pour l’instant ne m’a pas encore quitté !

J’ai appris patiemment que ne nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse, aussi merveilleuse soit elle, est une relation à risques. Des risques que j’assume en acceptant de prendre soin de mon amour et d’amplifier en moi l’amour de celle qui m’a offert le sien.

J’ai appris douloureusement que je n’ai pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir rire, jouer, parler plus souvent avec eux, chaque fois qu’ils me sollicitaient. J’ai découvert que je n’ai pas toujours su les entendre et les accueillir dans leurs attentes, leurs projets ou leurs rêves. Que j’avais trop souvent déposé sur eux mes peurs et mes désirs, tant je voulais, avec beaucoup d’aveuglement, le meilleur pour eux.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait avec l’âge et qu’il devenait chaque jour plus urgent d’ajouter de la vie aux années que des années à la vie.

J’ai appris que je pouvais oser demander, si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être. Que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre ou d’être en dette, que je pouvais donner sans envahir l’autre par mon besoin de me sentir généreux, que je pouvais refuser sans confondre la personne et sa demande.

J’ai appris, dans le désordre, que j’avais des besoins relationnels et qu’il était vital de ne pas les confondre avec mes désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre les pseudos connaissances vaines dont j’avais encombré mon esprit, que je pouvais me défaire de tant d’objets inutiles accumulés durant des années, que je pouvais élaguer dans les urgences que je m’imposais.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je pouvais faire à cette planète merveilleuse qui nous a accueillis, nous les humains, avec une incroyable générosité et peut être aussi une grande naïveté.

J’ai appris doucement à recevoir le silence, à prendre le temps de méditer quelques minutes chaque jour pour me reconnecter aux vibrations subtiles de l’univers et me réconcilier avec cette parcelle de divin reçue lors de ma conception.

Oui j’ai appris beaucoup dans mon existence et pourtant j’ai toujours en moi, ce désir, cette recherche de quelque chose de plus essentiel qui pourrait s’appeler un brin de sagesse ! »

Jacques Salomé,
extrait de « La ferveur de vivre »

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20 rituels pour être plus heureux, validés par les neurosciences

20 rituels pour être plus heureux validés par les neurosciences

1 . Exprimez votre gratitude : Dites « merci » plus souvent.

2. Respirez : se concentrer sur notre respiration plusieurs fois par jour est apaisant. Essayez le rythme 6 respirations par minutes, c’est encore plus bénéfique (cohérence cardiaque).

3. Savourez : au lieu de manger rapidement, ralentissez et «écoutez» vos sensations. Mastiquez et dégustez en pleine conscience. En plus, vous mangerez de moins grande quantité.

4. Marchez plus: une marche de 30 minutes par jour aère l’esprit et maintient en bonne santé.

5. Rapprochez-vous de la nature : la nature nous fait du bien. Faites des balades en forêt. Regardez-la, touchez-la, ressentez-en la présence bienveillante.

6. Verbalisez vos émotions… : « aujourd’hui, je me sens… »

7…Et vos besoins : « j’ai besoin de… »

8. Souriez : le sourire a un effet rétro-actif. Il améliore l’humeur et la santé.

9. Appelez ou rencontrez les personnes que vous appréciez : notre cerveau est neuro-social et les contacts physiques (comme les câlins) libèrent l’hormone du bonheur (l’ocytocine).

10. Donnez, aidez : l’altruisme rend heureux. N’attendez rien en retour.

11. Prenez des décisions : cela réduit l’anxiété.

12. Faites une liste de vos voeux les plus fous puis rangez-la quelque part.

13. Dessinez : dessiner rend heureux, clarifie les pensées et facilite l’expression émotionnelle. Pourquoi ne pas faire un petit dessin par jour ?

14. Chantez et dansez : le corps influe sur l’esprit. Danser et chanter donnent la pêche.

15. Pleurez : les larmes font baisser le stress et permettent une décharge émotionnelle salvatrice. Si vous n’y arrivez pas, écoutez de la musique triste.

16. Méditez : la méditation régulière a des effets incroyables sur nous.

17. Eteignez la télévision et faites une cure de désintoxication digitale : commencez par quelques heures puis des journées entières.

18. Lancez-vous dans un projet qui vous tient vraiment à coeur : profitez de chaque action qui contribue à ce projet. Prenez conscience de votre chemin.

19. Attisez votre curiosité : ouvrez des magazines que vous n’avez jamais ouverts, feuilletez des livres sur des thèmes inconnus, inscrivez-vous à des conférences inédites pour vous, explorez de nouvelles musiques, …

20. Simplifiez votre vie : jetez, vendez, faites le vide, …

Dernier conseil à retenir : dormez. Le manque de sommeil déprime et dégrade la santé .

Source : INSPIRANT.FR

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