Le conte d’une histoire vraie – Jacques Salomé

Le conte d’une histoire vraie
de Jacques SaloméUn jour, le soleil se levant me fit un signe de ses rayons.

Je ne compris pas tout de suite. Mettez-vous à ma place : je ne savais pas ce qu’il me voulait ! Il m’invitait à le suivre, mais sur le pas de la Porte-des-Habitudes, je n’osais pas bouger.

Pourtant, après quelques instants d’hésitation, je fis deux pas en avant et…. clac ! La Porte-des-Habitudes se referma ! Prise de panique, je revins sur mes pas, mais il n’y avait rien à faire, toutes mes tentatives furent vaines. La porte refusait obstinément de s’ouvrir.

Je m’assis, la tête dans les mains, et me mis à pleurer. Le soleil m’envoya un petit rayon câlin, brillant juste ce qu’il fallait pour ne pas m’effrayer, il ne me restait plus qu’à le suivre.
Je me mis lentement en route. Je demandai au soleil de me promettre de ne pas m’abandonner, de rester toujours près de moi, mais il ne me répondit pas. Je ne savais que penser. Je n’étais pas très rassurée.
Je regardais souvent en arrière, mais la Maison-du-Passé devenait de plus en plus petite, de plus en plus floue.
Je n’avais pas eu le temps de faire mes bagages avant de partir, mais j’avais des réserves sur moi : quelques bonnes vieilles et énormes peurs, des divers complexes, et aussi beaucoup de manques dont les deux principaux : Manque-de-Tendresse et Manque-de-Confiance-en-Moi.
Je pouvais compter sur eux tous, ils répondaient toujours présents. Au début, cela me rassura un peu, je restais en pays de connaissances.
Chemin faisant cependant, une peur me lâcha, une petite, je ne m’en aperçus pas tout de suite. Puis une deuxième à son tour s’en alla, une troisième suivit de près. Cela devenait inquiétant. Si elles me laissaient toutes tomber, comment me reconnaitrais-je ?

Je ne pouvais plus les rattraper, mais je me promis de veiller sur les autres. Si elles pensaient que j’allais me laisser faire, elles se trompaient lourdement. Mes complexes, eux, étaient fidèles, ils ne me quitteraient pas de sitôt ! Et les manques ne risquaient pas d’être comblés trop vite, j’étais vigilante !  Cependant, mon inquiétude se transforma en angoisse le jour où je constatais que le Manque-de-Confiance-en-Moi avait les traits tirés. Je tentai aussitôt de le fortifier en lui montrant, en toute lucidité, tous mes défauts. Rien n’y fit, au contraire. A peine un défaut s’annonçait-il qu’une qualité que j’ignorais, à qui je n’avais jamais adressé la parole, qu’une qualité  nouvelle venait à sa rencontre. Le défaut pâlissait, s’éloignait, se recroquevillait et bientôt n’occupait plus qu’une toute petite place. Malgré tous mes efforts, plus le Manque-de-Confiance-en-Moi s’étiolait, dépérissait, plus les peurs filaient.

Le Manque-de-Tendresse se manifesta, d’abord timidement, puis de plus en plus fort, jusqu’à se faire remarquer. Au début, il n’y avait que moi qui l’entendais, mais il réussit à soudoyer ma bouche pour pouvoir s’exprimer et demander ainsi à être comblé.
Je fis des demandes incroyables dont certaines furent entendues.
Devant cette débâcle, je ne savais plus ni qui j’étais,  ni qui j’aimais, ni où j’allais ! Par moments, je ne voyais même plus le soleil, il me fallait alors le chercher et j’avais l’impression qu’il ne reparaitrait jamais.
Peu à peu, je remarquai cependant que je pouvais continuer à avancer même s’il n’était pas là. Il avait laissé en moi quelques uns de ses rayons ! Mais j’avais encore besoin de recharger mes batteries, il me fallait encore souvent m’assurer qu’il n’était pas trop loin.
Je n’avais pas compris que je pouvais moi aussi devenir soleil, rayonner aussi un jour !
Il m’a fallu du temps. J’avais eu besoin que le soleil me montre la Voie, qu’il ait beaucoup de patience, beaucoup de douceur, pour que je puisse enfin vivre par moi-même. Pour que j’ose partir plus loin, pour que j’accepte aussi de le laisser éclairer d’autres personnes, Oh ! Cela ne veut pas dire que je n’aie plus envie de sa présence, mais simplement que je le suivais par besoin. Aujourd’hui, je peux m’éloigner de lui par Amour. Le soleil m’a aidé à comprendre qu’il n’était pas possible d’aimer sans une autonomie personnelle.

Dans ma vie actuelle, je sais qu’aimer, c’est être heureux pour que l’autre puisse être heureux sans moi !

Texte : Monique Mello dans « Contes à guérir, Contes à grandir » – Jacques Salomé

Jacques Salomé – La ferveur de vivre (extrait)

« J’ai appris que l’existence de chacun d’entre nous n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous positionner avec courage, de nous respecter avec ténacité et de nous responsabiliser avec cohérence face au surgissement de l’imprévisible.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’étonnement dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs de faire face aux difficultés qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester prisonnier de mon passé et à ne pas me laisser envahir par des pensées persécutrices ou par des projections trop chimériques sur mon futur.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la VIE d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer avec mes possibles, à la respecter en tenant compte de mes limites, à la dynamiser avec les ressources de ma créativité.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation est parfois grande) mais d’un amour de bienveillance, de gratitude et de tolérance envers la personne que je suis.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes ou des désirs qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, dans les murmures du vent, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon regard et surtout dans la présence d’une personne qui pour l’instant ne m’a pas encore quitté !

J’ai appris patiemment que ne nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse, aussi merveilleuse soit elle, est une relation à risques. Des risques que j’assume en acceptant de prendre soin de mon amour et d’amplifier en moi l’amour de celle qui m’a offert le sien.

J’ai appris douloureusement que je n’ai pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir rire, jouer, parler plus souvent avec eux, chaque fois qu’ils me sollicitaient. J’ai découvert que je n’ai pas toujours su les entendre et les accueillir dans leurs attentes, leurs projets ou leurs rêves. Que j’avais trop souvent déposé sur eux mes peurs et mes désirs, tant je voulais, avec beaucoup d’aveuglement, le meilleur pour eux.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait avec l’âge et qu’il devenait chaque jour plus urgent d’ajouter de la vie aux années que des années à la vie.

J’ai appris que je pouvais oser demander, si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être. Que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre ou d’être en dette, que je pouvais donner sans envahir l’autre par mon besoin de me sentir généreux, que je pouvais refuser sans confondre la personne et sa demande.

J’ai appris, dans le désordre, que j’avais des besoins relationnels et qu’il était vital de ne pas les confondre avec mes désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre les pseudos connaissances vaines dont j’avais encombré mon esprit, que je pouvais me défaire de tant d’objets inutiles accumulés durant des années, que je pouvais élaguer dans les urgences que je m’imposais.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je pouvais faire à cette planète merveilleuse qui nous a accueillis, nous les humains, avec une incroyable générosité et peut être aussi une grande naïveté.

J’ai appris doucement à recevoir le silence, à prendre le temps de méditer quelques minutes chaque jour pour me reconnecter aux vibrations subtiles de l’univers et me réconcilier avec cette parcelle de divin reçue lors de ma conception.

Oui j’ai appris beaucoup dans mon existence et pourtant j’ai toujours en moi, ce désir, cette recherche de quelque chose de plus essentiel qui pourrait s’appeler un brin de sagesse ! »

Jacques Salomé,
extrait de « La ferveur de vivre »

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Prendre des risques

« Rire, c’est risquer de paraître fou.
Pleurer, c’est risquer de paraître fragile.
Aller vers quelqu’un, c’est risquer de s’engager.
Exposer ses sentiments, c’est risquer d’exposer son moi profond.
Présenter ses idées, ses rêves aux autres, c’est risquer de les perdre.
Aimer, c’est risquer de ne pas être aimé en retour.
Vivre, c’est risquer de mourir.
Espérer, c’est risquer de désespérer.
Essayer, c’est risquer d’échouer.

Mais, il faut prendre des risques,
car le plus grand danger dans la vie
c’est de ne rien risquer.
Celui qui ne risque rien ne fait rien,
n’a rien,
n’est rien.
Il peut éviter la souffrance mais il n’apprend rien,
ne ressent rien,
ne peut ni changer ni se développer,
ne peut ni aimer ni vivre.
Enchaîné par sa certitude,
il devient esclave, il trahit sa liberté.

Seuls ceux qui risquent d’aimer sont libres. »

Equinoxe, Automne, Pleine Lune…

Alors que l’Automne a commencé il y a deux jours, que l’Equinoxe nous invitait à accueillir et à accepter nos parties sombres & lumineuses, notre part masculine (force, action, persévérance) et féminine (émotions, intuition, sensibilité), la Nature nous offre aujourd’hui les récoltes des graines plantées au printemps dernier. Elle nous invite également à penser et même à semer les graines des fruits que nous souhaitons récolter dans quelques mois, quelques années.

Cette saison nous invite à nous délester de ce qui ne nous sert plus, de ce qui n’est plus en accord avec qui nous sommes ou qui nous souhaitons être. Que voulons-nous changer ? finaliser ? Que devons-nous lâcher pour faire place à ce qui vibre avec qui nous sommes désormais ?

Aujourd’hui, la Pleine Lune nous invite à être pleinement qui nous sommes, au fond. A laisser s’exprimer nos envies, nos intuitions, nos émotions, nos talents, ce qui nous fait vibrer. Car tout est là, toujours là, n’attendant que notre accord pour se manifester.

Je vous souhaite une très belle Pleine Lune, de ressentir ses puissantes énergies, d’accueillir les idées & intuitions qui traverseront votre esprit au cours des prochaines heures, prochaines journées.

Je vous souhaite également une très belle entrée dans l’Automne, de profiter pleinement des magnifiques couleurs que nous offre cette saison & de tous les trésors que vous trouverez dans le jardin, sur les étals.

Prenez bien soin de vous. Buvez de l’eau. Reposez-vous, dormez, cocoonez. Méditez. Allez marcher en forêt, dans la nature. Soyez doux et bienveillant, envers vous pour commencer puis avec ceux qui vous entourent.

Arrivée de l’Automne, autour de nous et en nous

Alors que l’Automne s’installe progressivement, revêtant ses plus belles couleurs, nous permettant de récolter les fruits des graines plantées au printemps dernier, nous sommes invités à nous libérer de ce qui n’a plus sa place dans nos vies désormais, de ce qui n’est plus nécessaire à notre évolution. Que devons-nous quitter ? Changer ? Quelles habitudes, comportements, situations devons-nous laisser aller ? Qui sommes-nous sans nos vêtements, masques, étiquettes ?

A l’image des feuilles qui commencent à tomber des arbres, que devons-nous laisser s’échapper pour être enfin nous-même ? Qui voulons-nous être ?

La Lune, qui croît chaque jour dans le ciel pour atteindre son apogée, pour être pleinement ELLE ce Mardi, nous invite à poser chaque jour des intentions, des actions pour devenir la personne que nous souhaitons être, que nous sommes au fond.

Le nettoyage d’automne a commencé … pour notre plus belle évolution :)

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Nous sommes nos choix

Nous sommes libres de vivre comme nous le souhaitons. En France, aux Canaries ou au Japon. Dans un studio, une roulotte ou une maison. De respecter les « normes » ou d’en donner notre propre définition.

Nous sommes libres de penser positivement ou négativement. De voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. D’observer la beauté ou la laideur du monde.

Nous sommes libres d’étiqueter chaque expérience comme un obstacle ou une opportunité. De rester ou de quitter un emploi, un(e)compagnon(ne), une ville qui ne nous épanouit plus.

Nous sommes libres de nous croire chanceux ou de jouer à la victime. De penser que tout est possible ou impossible. D’être focalisé sur ce que nous avons ou sur ce que nous n’avons pas. D’être dans la réaction ou la réflexion. De réagir par la colère, la jalousie, la joie ou l’amour.

Parce que nous sommes responsables de notre vie. Parce que tout est une question de choix et que tout est possible, à qui le croit et s’en donne les moyens. Agissons pour que nos rêves deviennent réalité. Pour que notre vie soit celle que nous voulons, nous, au fond.

41880618_10217323385539925_3353593263096332288_o.jpgLac de Madine

Discours de Steve Jobs à Stanford (2005)

Magnifique discours sur la vie, sur l’amour, sur la mort.

Je suis honoré d’être avec vous aujourd’hui pour la cérémonie d’ouverture d’une des meilleures universités du monde. Je n’ai jamais eu de diplôme universitaire. À vrai dire, je n’ai jamais été aussi près d’en obtenir un qu’aujourd’hui.

Aujourd’hui, je veux vous raconter trois histoires de ma vie. C’est tout. Pas grand-chose. Juste trois histoires.

Faire le lien

La première histoire parle de faire le lien.

J’ai abandonné le Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté inscrit pendant dix-huit mois avant de réellement abandonner. Pourquoi, alors, ai-je abandonné ?

Ça a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune diplômée, non mariée, et elle a décidé de me faire adopter. Elle était convaincue que je devais être adopté par des diplômés universitaires, donc tout fut arrangé pour que je sois adopté à la naissance par un avocat et son épouse. Sauf que quand je suis arrivé, ils ont décidé à la dernière minute qu’ils voulaient une fille. Donc mes parents, qui étaient sur liste d’attente, reçurent un appel au milieu de la nuit, qui leur demandait : “Nous avons un petit garçon inattendu, vous le voulez ?” Ils dirent “bien sûr”. Ma mère biologique découvrit plus tard que ma mère n’avait jamais été diplômée et que mon père n’avait jamais fini le lycée. Elle refusa de signer les papiers d’adoption définitifs. Elle n’accepta que quelques mois plus tard, quand mes parents promirent que j’irais, un jour, à l’université.

J’ai décidé d’abandonner

Et, 17 ans plus tard, j’allais à l’université. Mais j’en ai naïvement choisi une qui était presque aussi chère que Stanford, et l’intégralité des économies de mes parents cols bleus partait dans mes frais scolaires. Après six mois, j’étais incapable d’y voir un intérêt. Je n’avais aucune idée de quoi faire de ma vie et aucune idée de comment l’université m’aiderait à le découvrir. Et j’étais là, à dépenser tout l’argent que mes parents avaient économisé toute leur vie. Donc j’ai décidé d’abandonner et d’avoir confiance dans l’idée que tout irait bien. C’était parfois assez effrayant, mais quand je regarde en arrière, c’est une des meilleures décisions que j’ai jamais prises.

Dès que j’ai abandonné, j’ai pu arrêter de suivre les cours obligatoires qui ne m’intéressaient pas, et commencer à suivre ceux qui avaient l’air intéressants.

Je dormais par terre

Ce n’était pas tout rose. Je n’avais pas de chambre d’étudiant, donc je dormais par terre dans la chambre de mes amis. Je ramenais les bouteilles de Coca pour récupérer la consigne de 5 cents afin de m’acheter de la nourriture, et je traversais la ville sur les 11 kilomètres qui me séparaient du temple Hare Krishna, tous les dimanches soir, pour avoir un bon repas par semaine. J’adorais ça. Et la majorité de ce que j’ai découvert par hasard en suivant ma curiosité et mon intuition s’est révélé inestimable par la suite.

Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College, à l’époque, proposait ce qui était probablement les meilleurs cours de calligraphie du pays. Partout sur le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était superbement calligraphiée à la main. Puisque j’avais abandonné, je n’étais pas obligé de suivre les cours normaux, donc j’ai décidé de suivre un cours de calligraphie pour apprendre à faire ça. J’ai appris ce qu’étaient les caractères avec et sans empattement, les variations d’espace entre différentes combinaisons de lettres, et pourquoi une typographie géniale est géniale. C’était beau, historique, artistiquement subtil, d’une façon que la science ne pouvait pas comprendre, et j’ai trouvé ça fascinant.

Le destin, la vie, le karma, peu importe

Rien de tout ça n’avait le moindre espoir d’application pratique dans ma vie. Mais dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier ordinateur Macintosh, tout cela m’est revenu. Et nous avons tout injecté dans le Mac. C’était le premier ordinateur avec une belle typographie. Si je n’avais pas assisté à l’improviste à ce cours-là à l’université, le Mac n’aurait jamais eu des polices d’écriture différentes, ou proportionnellement espacées. Et vu que Windows n’a fait que copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur n’en disposerait. Si je n’avais pas abandonné, je n’aurais jamais assisté à ce cours de calligraphie et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas les merveilleuses typographies qu’ils ont. Bien sûr, c’était impossible de faire le lien en regardant vers l’avenir quand j’étais à l’université. Mais c’était très, très clair quand j’ai regardé en arrière dix ans plus tard.

Je le répète, il est impossible de faire le lien en regardant vers l’avenir, on ne peut le faire qu’en regardant en arrière. Vous devez donc croire dans le fait que les liens se feront dans le futur, d’une manière ou d’une autre. Vous devez aussi croire en quelque chose – vos tripes, le destin, la vie, le karma, peu importe. Cette approche ne m’a jamais déçu, et cela a fait toute la différence dans ma vie.

Et puis je me suis fait virer

Ma seconde histoire parle d’amour et de perte.

J’ai de la chance, j’ai trouvé ce que j’aimais faire au début de ma vie. Woz et moi avons lancé Apple dans le garage de mes parents quand j’avais 20 ans. On a travaillé dur, et, en dix ans, Apple était passé de juste nous deux dans un garage à une entreprise de 4 000 employés qui valait 2 milliards de dollars. On venait juste de sortir notre plus belle création, le Macintosh, un an plus tôt, et je venais d’avoir 30 ans. Et puis je me suis fait virer. Comment peut-on se faire virer de l’entreprise que l’on a fondée ? Eh bien, puisqu’Apple grandissait, nous avons engagé quelqu’un que je pensais être talentueux pour diriger l’entreprise avec moi, et pendant à peu près un an, tout s’est bien passé.

Mais après, nos visions du futur ont commencé à diverger, et finalement nous avons eu une dispute. À ce moment-là, notre conseil d’administration a pris son parti. Donc, à 30 ans, j’étais viré. Et ce très publiquement. Ce qui avait été au centre de toute ma vie d’adulte avait disparu, et c’était épouvantable.

J’ai décidé de recommencer

Je n’ai vraiment pas su quoi faire pendant quelques mois. J’avais l’impression d’avoir déçu la précédente génération d’entrepreneurs, que j’avais laissé tombé le bâton de relais qui m’avait été passé. J’ai vu David Packard et Bob Noyce et j’ai essayé de m’excuser d’avoir tout gâché. J’étais un échec public, et j’ai même pensé à fuir la Silicon Valley. Mais j’ai lentement commencé à réaliser quelque chose – j’aimais toujours ce que je faisais. La tournure des événements à Apple n’y avait rien changé. J’avais été rejeté mais j’étais toujours amoureux. Donc j’ai décidé de recommencer.

Je ne m’en rendais pas compte, mais il s’est avéré que mon licenciement d’Apple était une des meilleures choses qui pouvait m’arriver. Le poids du succès était remplacé par la légèreté d’être à nouveau un débutant, moins sûr de tout. Ça m’a libéré et permis d’entamer une des périodes les plus créatives de ma vie.

Vous saurez quand vous trouverez

Durant les cinq années qui ont suivi, j’ai lancé une entreprise qui s’appelle NeXT, une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux de la femme incroyable qui allait devenir mon épouse. Pixar a ensuite créé le premier long métrage animé par ordinateur, Toy Story, et est maintenant le studio d’animation qui a le plus de succès dans le monde. Dans un remarquable retournement de situation, Apple a racheté NeXT, je suis retourné à Apple, et la technologie que nous avons développée chez NeXT est au cœur de la renaissance actuelle d’Apple. Et Laurene et moi avons une famille merveilleuse.

Je suis presque sûr que rien de tout ça ne se serait produit si je n’avais pas été viré par Apple. C’était un médicament au goût affreux, mais j’imagine que j’en avais besoin. Parfois, la vie vous frappe la tête avec une brique. Ne perdez pas la foi. Je suis convaincu que la seule chose qui m’a permis de continuer est que j’aimais ce que je faisais. Il faut que vous trouviez ce que vous aimez. Et c’est aussi vrai dans le travail qu’en amour. Votre travail va remplir une grande partie de votre vie, et la seule façon d’être pleinement satisfait est de faire quelque chose que vous estimez important. Et le seul moyen de faire quelque chose d’important est d’aimer ce que vous faites. Si vous n’avez pas encore trouvé, continuez à chercher. Ne vous arrêtez pas. C’est comme l’amour, vous saurez quand vous le trouverez. Et, comme dans toutes les formidables relations, ça ne fait que s’améliorer au fur et à mesure des années. Alors continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez. Ne vous arrêtez pas.

Vous êtes déjà à nu

Ma troisième histoire parle de la mort.

Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation qui disait quelque chose comme : “Vivez chaque jour comme le dernier, un jour vous aurez certainement raison.” Ça m’a fait forte impression, et depuis ce jour, durant les 33 dernières années, j’ai regardé dans le miroir et je me suis demandé : ”Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aurais envie de faire ce que je vais faire aujourd’hui ?” Et à chaque fois que la réponse était non trop de jours d’affilée, je savais qu’il fallait que je change quelque chose.

Me souvenir que je vais bientôt mourir est l’outil le plus important que j’ai jamais eu pour m’aider à prendre de grandes décisions dans la vie. Parce que presque tout – toutes les attentes externes, toute fierté, toute peur de l’embarras ou de l’échec – toutes ces choses reculent face à la mort, en ne laissant que ce qui est réellement important. Se souvenir qu’on va bientôt mourir est le meilleur moyen que je connaisse d’éviter le piège qui est de penser qu’on a quelque chose à perdre. Vous êtes déjà à nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre votre cœur.

Il faut dire au revoir

Il y a environ un an, on m’a diagnostiqué un cancer. J’avais un scanner à 7 h 30 du matin, et il a montré très clairement une tumeur sur mon pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était un pancréas. Les docteurs m’ont dit que c’était un type de cancer qui était très certainement incurable, et que je devais m’attendre à ne vivre que trois à six mois. Mon docteur m’a conseillé de rentrer chez moi et de mettre de l’ordre dans mes affaires, ce qui en code docteur veut dire se préparer à mourir. Cela veut dire qu’il faut dire à ses enfants en quelques mois ce qu’on pensait avoir dix ans pour leur dire. Cela veut dire s’assurer que tout est bien organisé pour que ça soit aussi facile que possible pour votre famille. Cela veut dire qu’il faut dire au revoir.

J’ai vécu avec ce diagnostic toute la journée. Plus tard, dans la soirée, j’ai subi une biopsie, pendant laquelle on m’a poussé un endoscope dans la gorge, à travers mon estomac jusqu’à mes intestins, piqué une aiguille dans mon pancréas et récupéré quelques cellules de la tumeur. J’étais endormi, mais ma femme, qui était là, m’a dit que quand ils ont vu les cellules au microscope, les docteurs ont commencé à pleurer parce que c’était en réalité une forme très rare de cancer du pancréas, qui était opérable. J’ai été opéré et je vais bien maintenant.

La mort, meilleure invention de la vie

C’est là que j’ai regardé la mort au plus près, j’espère ne pas la regarder d’aussi près pendant encore quelques décennies. De l’avoir vécu me permet aujourd’hui de vous parler de tout ça avec un peu plus de certitude que s’il s’agissait d’un concept purement intellectuel.

Personne ne veut mourir. Même les gens qui veulent aller au paradis ne veulent pas mourir pour y arriver. Et pourtant la mort est la destination que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est très bien ainsi, parce que la Mort est probablement la meilleure invention de la Vie. C’est l’agent du changement de la Vie. Elle balaye ce qui est vieux pour laisser place à ce qui est nouveau. Là, tout de suite, ce qui est nouveau, c’est vous. Mais un jour, dans assez peu de temps, vous deviendrez ce qui est vieux et vous serez balayés. Désolé d’être aussi radical, mais c’est la vérité.

Ne vous enfermez pas dans un dogme

Votre temps est limité, alors ne le gâchez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne vous enfermez pas dans un dogme, qui serait de vivre selon les résultats de ce que pensent d’autres. Ne laissez pas le bruit de l’opinion des autres noyer votre voix intérieure. Et, encore plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ils savent déjà, d’une certaine manière, ce que vous voulez réellement devenir. Tout le reste est secondaire.

Quand j’étais jeune, il y avait un magazine qui s’appelait le Catalogue de la terre entière, qui était une des bibles de ma génération. Un homme appellé Stewart Brand l’avait créé, pas très loin d’ici, à Menlo Park, il lui avait donné vie avec sa touche poétique. C’était la fin des années 60, avant les ordinateurs personnels et la publication assistée par ordinateur, donc tout était fait avec des machines à écrire, des ciseaux et des polaroïds. C’était une sorte de Google en livre de poche, 35 ans avant que Google ne voie le jour. C’était idéaliste, et ça débordait de super outils et de grandes notions.

Restez affamés. Restez dingues.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs numéros du Catalogue de la terre entière, et quand ils arrivèrent au bout de l’aventure, ils ont publié un dernier numéro. C’était le milieu des années 70, et j’avais votre âge. Sur la quatrième de couverture du dernier numéro, il y avait une photo d’une route de campagne au petit matin, le genre où on pourrait faire du stop si on était un peu aventureux. En dessous, il était écrit « Restez affamés, restez dingues”. C’était leur message d’adieu. Restez affamés. Restez dingues. Et je me le suis toujours souhaité. Et maintenant que vous passez votre diplôme, que vous prenez un nouveau départ, c’est ce que je vous souhaite.

Restez affamés. Restez dingues.

Je vous remercie tous du fond du cœur.

Jongler avec la vie

Ce texte a été écrit par Brian DYON, PDG de la firme Coca Cola, et présenté lors d’un discours à l’occasion de la remise de diplômes dans une université américaine, le 6 septembre 1991.

« Imaginez la vie comme un jeu dans lequel vous jonglez avec cinq balles. Vous pouvez les appeler : Travail – Famille – Santé – Amis – Esprit.
Vous jonglez avec ces balles. Vous comprendrez vite que le travail est une balle en caoutchouc : si vous la laissez tomber, elle rebondit. Mais les quatre autres balles, Santé – Famille – Amis – Esprit, sont en verre.
Si vous en laissez tomber une, elle va, à coup sûr, rester par terre, à vos pieds, se fendre, s’abîmer ou même être brisée, fracassée, détruite. Elle ne sera plus jamais la même.
Vous devez comprendre cela et être vigilant pour maintenir un équilibre entre chaque domaine de votre vie.

Comment ?

– Ne sous-estimez pas votre valeur en vous comparant aux autres. C’est parce que nous sommes tous différents que chacun de nous est spécial.
– N’établissez pas vos buts en fonction de ce que les autres jugent important. Il n’y a que vous qui sachiez ce qui est important pour vous.
– Ne considérez pas comme acquises les choses les plus proches de votre coeur. Accrochez-vous à elles comme si votre vie en dépendait. Sans elles, votre vie n’a pas de sens.
– Ne laissez pas votre vie vous glisser entre les doigts, en vivant dans le passé ou le futur. En vivant une journée à la fois, vous vivez TOUS les jours de votre vie.
– N’abandonnez pas quand vous avez encore quelque chose à donner. Rien n’est jamais perdu tant que vous essayez.
– N’ayez pas peur d’admettre que vous n’êtes pas parfait. C’est le fil fragile de notre imperfection qui nous relie les uns aux autres.
– N’ayez pas peur de prendre des risques. C’est en prenant des risques qu’on apprend à être courageux.
– Ne fermer pas votre vie à l’amour en disant que c’est impossible à trouver. Donner est la façon la plus rapide de recevoir l’amour. Le moyen le plus rapide de perdre l’amour, c’est de le retenir trop fort et le meilleur moyen de garder l’amour, c’est de lui donner des ailes.
– Ne traversez pas la vie en courant si vite que vous en oubliez, non seulement d’où vous venez, mais aussi où vous allez.
– N’oubliez pas que le plus grand besoin émotionnel d’une personne est de se sentir apprécié.
– N’ayez pas peur d’apprendre. Le savoir n’a pas de poids, c’est un trésor que vous pouvez emmener partout avec vous.
– Faites attention à ne gaspiller ni le temps ni les mots. Ni l’un ni l’autre ne peuvent êtres récupérés. La vie n’est pas une course mais un voyage à savourer pas à pas.

Hier c’est de l’histoire. Demain est un mystère.
Aujourd’hui est un cadeau. C’est pour cela qu’on l’appelle le présent. »

Renaissance.

Pâques. Résurrection. Renaissance. Tel le phénix qui renaît de ses cendres. Alors que le printemps pointe (timidement) le bout de son nez, il est temps pour nous aussi de renaître. De se délester ce qui ne nous sert plus, de ce qui ne nous tire pas vers le haut, de ce qui nous empêche de devenir chaque jour la meilleure version de nous-même. Il est temps de vivre enfin pleinement la vie que nous souhaitons vivre, comme nous le souhaitons.

La vie est courte. Le temps passe si vite (et s’accélère). Un jour, nous nous retournerons et prendrons le temps d’observer le chemin parcouru. Aurons-nous des regrets ? Serons-nous heureux de nos choix, d’avoir vécu ce que nous avons vécu, d’avoir osé faire certaines choses, d’avoir dit « non » à d’autres ?

Quelle « vie de rêve » imaginez-vous ?
Il est temps de poser des actes pour que ce doux rêve devienne lentement réalité :)

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Citation #57

« Tant qu’on n’a pas trouvé intérieurement ce qu’on cherche au-dehors, on passera à côté sans le voir, car le monde extérieur n’est qu’un reflet de notre monde intérieur. Que ce soit la beauté, l’amour, la sagesse, il est presque inutile de les chercher autour de soi si on n’a pas commencé par les découvrir en soi. » – Omraam Mikhaël Aïvanhov